Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans : histoire, visite et secrets de la basilique royale
La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans est le quatrième édifice religieux bâti sur un même site.
- Quatre édifices successifs sur un même emplacement.
- Chantier achevé seulement en 1829, après près de six siècles.
- Première cathédrale romane reconstruite vers 989.
- Cathédrale gothique lancée à partir de 1287.
- Première pierre de la reconstruction posée le 18 avril 1601 par les Bourbons.
- Clocher détruit en 1854, puis reconstruit en 1858.
Histoire de la cathédrale d’Orléans : quatre édifices sur un même site
La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans n’est pas un monument unique mais l’aboutissement de quatre édifices successifs élevés sur un même emplacement. Comprendre cette superposition aide le visiteur à saisir pourquoi l’architecture actuelle mêle des campagnes de travaux étalées sur près de six siècles et pourquoi le chantier ne s’est achevé qu’en 1829.
Les origines antiques et la première cathédrale romane
Le site accueille dès l’Antiquité un lieu de culte, remplacé plus tard par une première cathédrale. Cet édifice roman s’effondre au Xe siècle, avant d’être reconstruit vers 989. De cette époque subsistent surtout des traces archéologiques et le souvenir d’une ville épiscopale déjà majeure, dont la cathédrale occupait le cœur religieux.
La cathédrale gothique et la reconstruction des Bourbons
Une première cathédrale gothique est lancée à partir de 1287, mais les guerres, notamment la guerre de Cent Ans, ralentissent considérablement le chantier. Les Bourbons relancent ensuite les travaux : la première pierre de la reconstruction est posée le 18 avril 1601. Le clocher, détruit en 1854, est reconstruit en 1858, dernière grande étape d’un monument qui atteint alors sa silhouette définitive.
Chronologie des grandes étapes de construction
- 989 : reconstruction de la première cathédrale romane
- 1278 : début de la première cathédrale gothique
- 1601 : première pierre posée par les Bourbons
- 1858 : clocher reconstruit après sa destruction
Jeanne d’Arc et la cathédrale Sainte-Croix

Le lien entre Jeanne d’Arc et la cathédrale d’Orléans tient d’abord à un geste. Le 2 mai 1429, elle assiste à la messe vespérale dans l’édifice, alors que la ville est encore assiégée. Quelques jours plus tard, après la levée du siège, elle vient s’y recueillir. Ces deux passages ont durablement marqué la mémoire locale.
Précision utile pour le visiteur : la cathédrale que Jeanne a fréquentée n’est pas celle que l’on admire aujourd’hui. L’édifice actuel, commencé en 1287 et achevé seulement en 1829, a été largement reconstruit après les destructions de la guerre. Le souvenir de la Pucelle relève donc d’une continuité spirituelle plus que d’une continuité matérielle.
La mémoire johannique reste pourtant bien vivante dans le décor. Une chapelle Sainte-Jeanne-d’Arc lui est dédiée, et des vitraux des basses nefs racontent sa vie : ses apparitions à Domrémy, son entrée dans Orléans, le couronnement de Charles VII à Reims. Canonisée en 1920, elle demeure la figure tutélaire de la ville.
Infos pratiques, horaires et visites guidées
| Saison | Horaires d’ouverture | Messes dominicales | Type de visite |
|---|---|---|---|
| Novembre à mars | 9h00 à 18h00 | 10h30 | Libre, audioguidée |
| Avril à octobre | 9h00 à 19h00 | 10h30 | Libre, guidée, citypass |
| Samedis | Selon saison | 18h30 (anticipée) | Libre |
L’entrée à la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans est gratuite, une offrande libre étant simplement proposée aux visiteurs. L’édifice se situe au 2 place du Cardinal Touchet, 45000 Orléans, en plein cœur du centre historique. Les horaires d’ouverture varient selon la saison : de 9h00 à 18h00 de novembre à mars, et de 9h00 à 19h00 d’avril à octobre.
Les messes dominicales et jours de fête sont célébrées à 10h30, avec une messe anticipée le samedi à 18h30. Il est conseillé de respecter le silence pendant les offices et d’éviter les visites touristiques durant ces créneaux.
Comment préparer sa visite
Plusieurs formules s’offrent au visiteur : la visite libre, idéale pour flâner à son rythme, la visite audioguidée, qui apporte un commentaire structuré sur l’architecture et les vitraux, et la visite guidée avec un conférencier, souvent couplée à un citypass permettant de découvrir d’autres sites de la ville. Ce citypass regroupe généralement plusieurs monuments et musées d’Orléans à tarif réduit.
Comptez environ une heure pour une visite libre, une heure trente pour une visite audioguidée, et jusqu’à deux heures pour une visite guidée complète incluant le déambulatoire et les chapelles absidiales. L’accès est possible en tramway et en bus, la cathédrale se trouvant à quelques minutes à pied de la place du Martroi.
Description et architecture de l’édifice
| Mesure architecturale | Dimension hors-œuvre | Dimension dans-œuvre |
|---|---|---|
| Longueur totale | 143,85 mètres | 136,10 mètres |
| Largeur des cinq nefs | 50,86 mètres | 41,14 mètres |
| Hauteur de la façade | 88 mètres | Non applicable |
Un vaisseau parmi les plus vastes de France
La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans figure parmi les cinq plus vastes cathédrales gothiques de France. Sa longueur hors-œuvre atteint 143,85 mètres, pour 136,10 mètres dans-œuvre. Sa façade s’élève à 88 mètres, couronnée par huit anges au sommet des tours. Cette ampleur explique pourquoi le visiteur ressent immédiatement une impression d’espace rare en entrant dans l’édifice.
Cinq nefs et un vaisseau central généreux
L’originalité de Sainte-Croix réside dans ses cinq nefs, une configuration exceptionnelle pour une cathédrale gothique française. La largeur totale hors-œuvre atteint 50,86 mètres contre 41,14 mètres dans-œuvre. Le vaisseau central mesure 13,94 mètres de large. Il est flanqué d’un premier collatéral de 7,45 mètres puis d’un second de 6,15 mètres. Cette gradation crée une profondeur visuelle saisissante depuis le portail occidental.
Une élévation à trois niveaux
Malgré une construction étalée sur près de six siècles, l’édifice conserve une unité stylistique gothique remarquable. Les architectes des Bourbons ont poursuivi le plan initial sans rupture majeure. Le visiteur découvre une élévation classique à trois niveaux : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes. L’ensemble bénéficie d’une luminosité exceptionnelle, renforcée par les vitraux du chœur installés par Lobin.
Basilique royale et sacres : trois rois à Orléans
Orléans occupe une place rare dans l’histoire des sacres français : trois rois y ont été sacrés, faisant de Sainte-Croix une véritable basilique royale. Charles II le Chauve, Robert le Pieux et Louis VI ont reçu l’onction dans la cité ligérienne, bien avant que Reims ne s’impose comme lieu unique du couronnement.
Pour prolonger la visite
Trois rois sacrés à Orléans : d’autres demeures royales racontent aussi cette histoire. Le château de Mehun-sur-Yèvre fut transformé en résidence princière par Jean de Berry, avant de devenir un musée consacré à Charles VII. Plus loin, le château de Vigny a conservé sa seigneurie médiévale et son architecture néogothique, aujourd’hui sauvée d’une ruine annoncée.
Sainte-Croix doit son nom à une relique prestigieuse : la présence certaine de reliques de la Sainte Croix est attestée dès le VIIe siècle. Cette vénération explique la dévotion des souverains envers l’édifice et son statut particulier dans le royaume.
Érigée en basilique en 1855, la cathédrale illustre aussi le régime des édifices cultuels français : elle est propriété de l’État et affectée à l’Église depuis la loi de 1905. Son architecture gothique, construite de 1287 à 1829, porte ce double héritage, à la fois spirituel et national.
Galerie d’images et vitraux de la cathédrale
La cathédrale Sainte-Croix d’Orléans se découvre autant par ses pierres que par la lumière qui les traverse. Ses vitraux racontent une double histoire : celle de Jeanne d’Arc et celle de la reconstruction de l’édifice au XIXe siècle, complétée par des créations contemporaines.
Depuis la place de l’Étape, la façade ouest déploie ses 88 mètres de hauteur et ses huit anges perchés au sommet des tours. C’est le point de vue incontournable pour saisir l’ampleur d’une cathédrale longue de 143,85 mètres hors-œuvre. Un peu en retrait, le chevet et les cinq nefs offrent d’autres angles intéressants pour la photographie.
À l’intérieur, le visiteur lève naturellement les yeux vers les verrières des basses nefs. Elles retracent les grandes scènes de la vie de Jeanne d’Arc, des apparitions à Domrémy jusqu’au couronnement de Charles VII à Reims, en passant par son entrée dans Orléans.
- Façade ouest, place de l’Étape : vue classique sur les 88 mètres de hauteur et les huit anges.
- Vitraux de Jeanne d’Arc, basses nefs : récit illustré de la Pucelle, des apparitions à Domrémy au sacre de Reims.
- Vitraux modernes : créations installées entre 1996 et 2000, qui dialoguent avec le décor ancien.
- Vitraux du chœur : verrières de Lobin posées en 1859, au cœur de l’abside.
Le contraste entre les verrières du XIXe siècle et les vitraux modernes constitue l’un des attraits de la visite. Les premières adoptent un style historiciste, tandis que les seconds jouent sur des compositions plus épurées.
Pour profiter pleinement du spectacle, privilégiez une journée ensoleillée : la lumière traversant les vitraux révèle alors toute la palette de couleurs. Un détail à ne pas manquer : la chapelle Sainte-Jeanne-d’Arc, dont le décor prolonge directement le récit des verrières.
